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Un cœur qui dit oui

Voyez comment la simple obéissance d’un homme a changé le monde pour Christ

de Cameron Lawrence

Vous vous dirigez vers le centre de la ville, au milieu du bruit et du mouvement dans la chaleur accablante de l’après-midi. Vous descendez la grand-rue vers une maison que vous avez déjà vue, mais dans laquelle vous n’êtes jamais entré. Les jambes vous brûlent et la gorge vous serre à la pensée de ce qui vous attend.

Vous sentez vos articulations se raidir lorsque vous frappez à la porte. Dans votre gorge, une boule monte et descend au moment où la porte grince et que l’hôte vous dit : « Je vous en prie, entrez ». Au début, tout est sombre alors que vos yeux s’adaptent à la faible lumière de la pièce. Peu à peu, à mesure que vous distinguez les murs et les meubles, vous remarquez trois hommes : l’un d’eux fait les cent pas entre la fenêtre et le corridor, un autre est accroupi contre le mur, et le dernier, un petit homme barbu vêtu de beaux habits, ne regarde ni vous, ni personne d’autre, ni rien. Alerte, il est assis sur le bout d’une chaise, comme un enfant qui attend son médicament, ses grands yeux ne fixant rien. C’est celui que vous devez rencontrer, celui qui a assassiné vos amis. C’est l’homme qui était venu vous tuer.

L’exercice d’imagination ci-dessus n’est pas une description précise des événements survenus en Actes 9, mais il peut servir à nous rapprocher de l’expérience d’Ananias, le serviteur de Dieu envoyé par Christ lui-même pour prier pour l’un des plus grands ennemis de l’Église primitive : Saul de Tarse ou, comme nous le connaissons aujourd’hui, l’apôtre Paul.

L’auteur raconte que Saul voyageait sur la route de Damas, à environ 240 kilomètres et à plus de deux jours de marche de Jérusalem. Le jeune pharisien avait excessivement persécuté les disciples de la nouvelle voie, une secte messianique qui serait un jour connue comme le christianisme. Actes 8.3 révèle que, dans la ville sainte, il avait ravagé l’Église, traînant hommes et femmes jusqu’en prison, et qu’il était responsable de l’exécution de nombreux croyants.

À cause des persécutions, des membres de l’Église naissante s’étaient dispersés dans toutes les régions de la Judée et de la Samarie, espérant sauver leur vie (v. 1). Mais voulant capturer les fidèles de Jérusalem, Saul avait intercepté des lettres écrites de Damas – une correspondance de frères et de sœurs dans le Seigneur qui avaient fui pour trouver refuge – et s’était donné pour mission d’élargir les limites de sa chasse aux sorcières (Actes 22.5). Il avait décidé de se diriger vers le nord en vue d’y arrêter tous ceux qu’il pouvait et de les ramener à Jérusalem pour y être jugés, dans l’espoir d’écraser le mouvement en croissance. Mais durant le voyage, le futur apôtre a rencontré le Christ ressuscité. Là, sur la route poussiéreuse, la Lumière éternelle, le Fils de Dieu, a rendu aveugle celui qui avait le cœur voilé. Selon l’ordre de Jésus, il devait entrer dans la ville et y attendre d’autres instructions.

C’est ici qu’Ananias entre en scène. L’Écriture révèle peu de choses sur lui, mais la tradition rapporte qu’il faisait possiblement partie des 70 disciples que Jésus avait envoyés dans les villes qu’il allait plus tard visiter (voir Luc 10.1-29), et qu’il était probablement l’un des dirigeants de l’Église de Damas, peut-être même le premier évêque ou surveillant dans la ville. Par contre, nous savons qu’Ananias était au courant de l’identité de Saul et de la raison de sa venue. Le Seigneur est apparu au disciple et lui a ordonné : « […] Lève-toi, va dans la rue qu’on appelle la droite, et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car il prie, et il a vu en vision un homme du nom d’Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu’il recouvre la vue » (Actes 9.11-15). Qui pourrait blâmer Ananias d’avoir eu peur? Il a répondu au Seigneur : « […] j’ai appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à tes saints ». Mais contre toute logique humaine, Christ lui a commandé d’aller, et le disciple y est allé.

De façon remarquable et indépendamment du risque, Ananias a accepté d’obéir, démontrant par-dessus tout son amour pour le Seigneur. Cependant, en arrivant dans cette maison, il a dit : « mon frère ». Ces simples mots subtils révélaient peut-être la qualité encore plus impressionnante de son cœur. Le disciple a poursuivi en annonçant avec amour à l’homme brisé, au meurtrier et à l’ennemi du peuple de Dieu : « le Seigneur Jésus […] m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit » (Actes 9.17). Et contrairement à Saul, qui était venu avec l’intention de causer du tort aux croyants dispersés dans cet endroit, Ananias lui a imposé les mains et l’a guéri. En outre, le serviteur de Dieu a baptisé le futur apôtre en l’ensevelissant dans l’eau, celui-là même qui, quelques jours plus tôt, aurait plutôt voulu voir Ananias enseveli sous terre.

Nous ne savons jamais ce qu’un acte d’obéissance peut signifier pour le royaume de Dieu. Ananias a humblement laissé le Seigneur se servir de lui et, comme résultat, Saul est devenu l’un des plus grands missionnaires et l’auteur le plus prolifique de l’histoire chrétienne. De même, chacun de nous a un rôle à jouer dans la grande histoire de rédemption du Seigneur. Le travail auquel il nous appelle peut ne pas sembler important, mais nous pouvons être certains que notre fidélité, dans la puissance du Saint-Esprit, produira des fruits éternels.

Quand Christ nous dira : « Va », irons-nous?

 

Christ, le modèle

25 et 26 mai 2013

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