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Les semences de la liberté

Comment le sang des martyrs a apporté la vraie liberté à la Rome antique

de James Cain

On se souvient surtout de Patrick Henry, député de la Virginie, pour sa célèbre citation : « Donne-moi la liberté ou je meurs! » Prononcée à l’Église St. John, la veille de la Révolution en 1775, cette déclaration d’Henry a inspiré ses concitoyens virginiens à prendre les armes pour défendre les droits que Dieu leur avait donnés. C’était un appel à combattre, et peut-être à mourir.

L’Histoire fournit d’innombrables exemples de gens qui, comme Henry, ont volontairement risqué leur vie au combat pour assurer la liberté des autres. Mais l’Église est bâtie sur le sacrifice de héros d’un autre type : ceux qui se battent pour la liberté en choisissant de mourir, le don pacifique de leur vie étant plus puissant que toute arme terrestre. Nous les appelons martyrs, mot provenant du terme grec qui signifie « témoin ».

Durant les 14 années du règne de Néron sur l’Empire romain (54 à 68 ans après J.-C.), des milliers de chrétiens ont été martyrisés. À une occasion, cet empereur a rassemblé des milliers de chrétiens dans l’arène, où des bêtes sauvages – lions, tigres, léopards et chiens – en ont tué des centaines avant de perdre tout intérêt pour eux parce qu’ils étaient rassasiés. À la surprise de la foule, les chrétiens survivants attendaient paisiblement dans la prière, sans pleurer, supplier ou se repentir de leurs prétendus crimes comme on l’avait envisagé. Puisque l’assistance réclamait plus de sang, Néron a planifié une crucifixion en masse et ordonné à des esclaves de remplir le Colisée de croix.

Alors que les esclaves s’acquittaient de la tâche que l’empereur leur avait confiée, la persécution sanguinaire se poursuivait à Rome. Des soldats ont trouvé et arrêté des dirigeants chrétiens. Certains croyants ne se sont jamais rendus à la prison, mais ont été mis en pièces par des foules de Romains déchaînés.

Quand le jour de la crucifixion est finalement arrivé, Néron et les troupes qui remplissaient le Colisée s’attendaient à ce que les chrétiens se repentent rapidement. Il voulait qu’ils l’adorent comme Seigneur et renoncent à leur foi en Jésus, mais ils sont demeurés silencieux. Quand l’empereur s’est finalement adressé aux suppliciés, il leur a offert deux options qui, en apparence, évoquaient ces paroles en Deutéronome 30.19 : « J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort […] Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité. » Néron – un dieu à ses propres yeux – leur offrait soit la vie et le bonheur pour trahir Christ, soit la mort pour rester fidèles à leur Sauveur.

Les chrétiens ont compris que la vie que Néron leur proposait était la mort, et que mourir serait le passage dans la vraie vie. Selon Asa Craig dans son livre Christian Persecutions, la tradition révèle qu’un jeune homme a pris l’initiative de répondre aux deux accusations de Néron et de rejeter son offre. Il a nié les inculpations de blasphème, mais n’a pas demandé miséricorde, ajoutant que, même si les chrétiens étaient faussement accusés, leur mort ne serait pas vengée. Leur religion en était une d’amour, de paix et de vérité, et aucune torture ne la détruirait. En fait, il a promis que sa mort et celle de ses compagnons apporteraient la vie à Rome parce que ses citoyens verraient la vérité de l’Évangile, qui était digne de leur foi inébranlable. Il a terminé en déclarant : « Nous mourons pour que Rome puisse vivre. »

Néron et ses successeurs ont continué de persécuter les chrétiens de manière encore plus terrible, mais la prophétie du jeune homme s’est révélée exacte. Comme Tertullien l’a écrit : « Le sang des martyrs est la semence de l’Église ». Les persécutions ont favorisé la proclamation de l’Évangile jusqu’à ce que Constantin accorde la liberté religieuse en 313 par l’Édit de Milan.

Nous ne vivons pas comme ces premiers chrétiens. Ils ont vécu et adoré dans une « zone tampon » théologique entre Juifs et non-Juifs : un groupe considérait les chrétiens comme des blasphémateurs parce qu’ils adoraient Jésus, tandis que l’autre les ridiculisait et les persécutait parce qu’ils n’adoraient qu’un seul Dieu. Dans un monde hostile à leur foi, ces croyants ont manifesté un courage remarquable devant la souffrance et la mort, témoignant ainsi de leur foi en Christ.

Par leur mort, les premiers martyrs ont imité le Sauveur qui « n’a point ouvert la bouche » (Ésaïe 53.7). Le Seigneur a souffert pour triompher de la mort et de l’enfer, et pour indiquer à l’humanité le chemin vers l’éternité. Il est mort pour nous montrer la miséricorde du Père, pour parler de la vie à ses ennemis et pour nous amener plus près de Dieu. De même, les actions des chrétiens ont parlé aux Romains, dont le cœur endurci et insensible aux simples paroles était rempli de ferveur idolâtre. Les martyrs sont morts pour donner leur vie au monde qu’ils connaissaient. Nous devrions certainement imiter leur exemple en restant fidèles à notre témoignage quoi qu'il arrive.

La plupart d’entre nous ne rencontreront jamais un tyran comme Néron ni n’auront à considérer une offre sinistre de vie ou de mort, mais chaque jour nous choisissons de vivre pour nous-mêmes ou pour les autres. Nous ne choisissons pas directement entre la foi et la liberté, mais nos choix témoignent en faveur (ou en défaveur) de nos croyances. En renonçant à notre vie pour les autres, nous pouvons montrer ce que Jésus a appelé le plus grand amour (Jean 15.13). Et notre sacrifice peut apporter la lumière de la vie – l’Évangile – à ceux qui vivent dans les ténèbres.

 

Christ, le modèle

25 et 26 mai 2013

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