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Article de fond

La collectivité, une bénédiction mutuelle

Ayant compté sur Christ pendant 40 ans dans le cadre de son travail auprès de la collectivité, Nell Fields s'est appuyée sur lui quand la maladie a frappé son mari.

Tim Rhodes 1 février 2022

→ Nell Fields se déplace lestement  sous les auvents jaunes et bleus du Letcher County Farmers’ Market de Whitesbury, un marché de producteurs au Kentucky. Elle circule parmi la foule qui se choisit des fruits et des légumes pour se rendre à une aire de pique?nique et à une roulotte où l’on sert des repas gratuits. Nell salue les familles en train de manger aux tables, tapotant l’épaule de certains, donnant un câlin à d’autres. Elle demande si quelqu’un a encore faim et offre de les resservir. 

Toute jeune, Nell a vu sa mère nourrir les enfants du voisinage et les accueillir chez elle. Depuis, elle se passionne pour le bien?être des enfants de son quartier. Grâce à son travail et à son dévouement, on a mis sur pied un programme fournissant des repas gratuits aux enfants démunis de la ville. Étant donné que la majeure partie des aliments provient des agriculteurs de la région, ce projet leur permet d’aider leurs semblables.

Comme bien d’autres villes minières de l’État, Whitesburg compose avec la pauvreté. Pendant presque 40 ans, Nell a fait du bénévolat auprès du Cowan Community Action Group, qui cherche à répondre aux besoins de la population rurale. « Quand on travaille dans la collectivité, on y voit les besoins. Des gens, qui ne parleraient pas de leurs besoins à des étrangers, ont tendance à nous les faire connaître. J’aimais me sentir utile. »

« Quand on travaille dans la collectivité, on y voit les besoins. […] J’aimais me sentir utile. »

Cependant, Nell a presque disparu du regard du public en 2016, après que son mari, Jerry, s’est fait diagnostiquer une maladie du rein. Au lieu de se rendre dans les marchés des producteurs ou à des rencontres communautaires, Nell a endossé les responsabilités de leur petite ferme. En plus de désherber et d’arroser son potager, elle devait dorénavant laver les auges à eau et les remplir, et nourrir les vaches, les cochons et les poules deux fois par jour. 

Nell devait aussi stériliser l’équipement de dialyse de son mari chaque matin, avant qu’il s’en serve le soir. « Il faut stocker beaucoup de fournitures médicales. Une fois par mois, on reçoit 30 boîtes, qui prennent beaucoup d’espace. »

Nell et son mari aiment observerleurs animaux d’élevage.

Pendant qu’elle soignait son mari, Nell ne pouvait aller à l’église régulièrement. Depuis longtemps, elle regardait les émissions du pasteur Stanley. Ses messages sont alors devenus pour elle une source de réconfort et d’encouragement chaque dimanche et ils la préparaient à affronter la semaine qui s’amorçait. Un jour, le pasteur Stanley a abordé la question des motifs. « Sa prédication a tout changé pour moi, dit Nell. Je me suis dit : Pourquoi est?ce que je fais ça? Qu’est?ce que je m’attends à en retirer? Ce message m’a enseigné à m’arrêter et à réfléchir avant d’agir, à obéir à Dieu plutôt qu’à n’en faire qu’à ma tête. »

La vie de Nell ne ressemble plus à sa réalité d’il y a à peine quelques années. Comme Jerry a pris du mieux, Nell cherche à s’impliquer de nouveau au sein de la collectivité. Dans ses difficultés, un fait est demeuré : Dieu l’a accompagnée. Et il continue de lui donner la force de le servir tant à la maison que dans sa communauté. 

Photographie de Taylor Linkes

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