Illustration de Jeff Gregory
Et si nous arrêtions de tenter de devenir meilleurs et devenions qui nous sommes déjà? Les vertus mentionnées dans l’épître aux Colossiens ne sont pas tant des buts à atteindre qu’un vêtement approprié à une nouvelle identité, celle qui nous a été donnée. La question n’est pas de savoir si nous pouvons devenir plus patients ou compatissants, mais si nous pouvons croire ce que Dieu affirme être déjà vrai de nous.
CONTEXTE
Paul a écrit l’épître aux Colossiens d’une prison. Il les a priés de vivre selon la nouvelle vie qu’ils avaient reçue en Christ. Le chapitre 3 s’ouvre sur un appel fondamental : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, recherchez les choses d’en haut » (v. 1,2). Les vertus qui sont ensuite nommées découlent d’une identité transformée.
Paul utilise le mot grec enduo (se vêtir) pour parler de se vêtir « de toutes les armes de Dieu » (Éphésiens 6.11) de même que du Seigneur Jésus-Christ (Romains 13.14). Dans ces deux cas, ce que nous portons reflète et renforce ce que nous devenons.
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Colossiens 3.12-15
RÉFLÉCHIR
Paul entame le passage du jour au moyen d’une déclaration. Il parle aux chrétiens « en tant qu’êtres choisis par Dieu, saints et bien-aimés ».
Avant de mentionner une seule vertu, Paul dit à ses lecteurs qu’ils sont « choisis par Dieu, saints et bien-aimés ». Ce ne sont pas des réalisations spirituelles, mais une description de ce que Dieu a déjà accompli. En quoi apprendre qui nous sommes avant de nous faire dire comment agir change-t-il la nature des instructions qui suivent?
Les expressions « êtres choisis par Dieu, saints et bien-aimés » (v. 12) reprennent le langage dont Dieu s’est servi relativement à Israël dans l’Ancien Testament (Deutéronome 7.6; Ésaïe 43.4). Paul applique ces termes aux chrétiens des nations, une déclaration percutante selon laquelle leur position devant Dieu est aussi sûre que celle d’Israël autrefois.
Dans le verset 12, Paul utilise le verbe « revêtir » (enduo) pour s’habiller. Les vêtements ne changent pas notre nature; ils expriment notre identité. Comment « revêtir » la compassion ou l’humilité comme on se revêt d’un vêtement approprié à l’occasion?
La liste de vertus — compassion, bonté, humilité, douceur, patience — n’est pas présentée comme une progression vers leur maîtrise, mais comme des vêtements à porter ensemble. Laquelle semble la plus naturelle pour vous? Laquelle devez-vous « revêtir »? Pourquoi cette différence?
SUITE DE L’HISTOIRE
Paul passe de la métaphore des vertus à revêtir aux motifs pour les porter. Ceux-ci sont tous relationnels et nous devons les recevoir.
Le verset 13 exhorte les chrétiens à se supporter et à se pardonner mutuellement. Le verbe « supporter » signifie « porter une charge ». Quant au pardon, nous avons un modèle : « Tout comme Christ vous a pardonné ». Quand on reçoit le pardon, on peut l’accorder. Songez à une situation où, vous sachant pardonné, vous avez trouvé plus facile — ou plus difficile — de pardonner.
Nous sommes appelés à la paix dans le cadre de notre formation en un seul corps (v. 15). Les vertus énumérées dans ce passage ne sont pas individuelles seulement; elles constituent le tissu social d’une communauté qui reflète Christ devant le monde.
Au verset 14, l’amour est appelé « le lien de la perfection ». Dans ce contexte, l’amour n’est pas seulement une vertu de plus, mais celle qui relie toutes les autres ensemble. Que se passerait-il dans un groupe où toutes les vertus du verset 12 étaient présentes, sauf l’amour?
Au verset 15, nous lisons : « Que la paix de Christ […] règne dans votre cœur. » Le mot « régner » (brabeuo) est tiré du vocabulaire de la compétition athlétique et fait allusion à l’arbitre qui déclare le gagnant. Qu’en serait-il si la paix de Christ agissait comme juge de notre vie intérieure, y réglant les disputes, calmant notre angoisse et tranchant entre des désirs contradictoires?
RÉFLÉCHIR
Une vie vertueuse découle du cœur. Savoir à qui nous appartenons façonne ce que nous devenons, ce qui se révèle dans notre compassion, notre bonté et notre patience envers nos semblables.
Dans le verset 14, Paul utilise le mot sundesmos (des ligaments par lesquels sont réunis les membres du corps) pour parler de la charité. Comme les ligaments retiennent une jointure, la charité lie le corps de Christ dans une unité parfaite.
La vie que l’apôtre Paul décrit ne résulte pas uniquement d’une discipline. Elle est issue d’une identité déterminée (choisis, saints et bien-aimés) que le Saint-Esprit matérialise en nous au fil du temps. Ne nous demandons pas comment travailler plus fort à manifester ces vertus, mais dans quelles sphères Christ œuvre en nous pour les produire. Puisse cela vous servir à la fois d’encouragement et de prière.