Illustration de Jeff Gregory
Avez-vous vécu une expérience si extraordinaire que vous y avez réagi physiquement? Un merveilleux coucher de soleil ou le sourire d’un être cher vous a-t-il arrêté? Imaginez que de tels moments fassent partie de votre relation avec Dieu. Le protagoniste de notre histoire n’a ni planifié ce qu’il dirait au Seigneur ni repassé ses sujets de reconnaissance en mémoire. Il a vu. Il s’est arrêté. Et il est tombé, pleinement vivant, face première devant Jésus.
CONTEXTE
Dans l’Israël antique, le lépreux était rituellement impur en Israël et exclu de cette société.
LIRE
Luc 17.11-19
RÉFLÉCHIR
Quand nous voyons et apprécions ce que nous avons reçu, nous sommes naturellement reconnaissants.
En se tenant loin de lui comme la Loi l’exigeait, dix lépreux ont hélé Jésus (v. 12,13). Le verbe grec pour guérir (v. 19) est sozo. Il signifie « sauver, garder sain et sauf, délivrer du danger ou de la destruction ». On l’utilise dans divers contextes pour parler : de la santé physique (Marc 5.34), de la protection dans la tempête (Matthieu 8.25) et de la promesse du salut (Romains 10.9). En comprenant le sens large de sozo, constatez-vous que les lépreux souffraient de plus que de la lèpre? Quels parallèles voyez-vous entre leur situation et celle de l’humanité devant Dieu?
Le mot grec lepra (lèpre) couvrait tout un éventail de maladies de la peau; il ne se restreignait pas au bacille de Hansen. Les lépreux devaient rester à deux mètres de leurs semblables et les avertir de leur approche (Lévitique 13.45).
La loi mosaïque obligeait les lépreux à se montrer aux sacrificateurs une fois guéris. Puis les sacrificateurs devaient les examiner, les déclarer purifiés et les réintégrer dans leur communauté et le culte de Dieu (Lévitique 14). À quel moment ces dix lépreux ont-ils été guéris selon Luc 17.14? De quelle manière leur départ confirme-t-il leur foi?
Les Samaritains descendaient d’une lignée mixte d’Israélites et d’étrangers que l’Empire d’Assyrie avait envoyés coloniser la région. Les Juifs les méprisaient. Dans une histoire, un protagoniste samaritain aurait provoqué ou rassuré les auditeurs, selon leur milieu socioculturel.
L’un d’entre eux a « vu » qu’il avait été guéri (v. 15). Le verbe grec horao signifie « voir avec l’esprit, percevoir, savoir, reconnaître ». L’Écriture s’en sert souvent pour indiquer une prise de conscience spirituelle, une compréhension profonde. Selon la concordance Strong’s, il peut aussi vouloir dire « faire attention à, regarder fixement ». Sa nouvelle réalité a tellement étonné cet homme qu’il s’est arrêté sec. Songez à un sujet et à l’importance croissante qu’il prend dans votre vie, pour le meilleur ou pour le pire. Sur quoi fixez-vous les yeux avec le plus d’intensité?
APPROFONDIR
Chaque jour est meilleur que le précédent quand on revient sans cesse à Jésus.
La louange véritable ne dérive ni d’une obligation ni d’un commandement, mais d’un élan du cœur. Il est impossible d’ignorer la bonté de Dieu et sa miséricorde. « L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas en rendant gloire à Dieu à haute voix. Il tomba le visage contre terre aux pieds de Jésus et le remercia » (v. 15,16). Que nous dévoile la posture de l’homme sur ses émotions? Imaginez les émotions qui vous motiveraient à l’imiter. En quoi « fixer des yeux » le don du salut pourrait-il vous pousser à célébrer Dieu silencieusement ou à haute voix?
Dans Ésaïe 35.4-6, nous lisons que Dieu devait venir sauver son peuple, que les aveugles verraient, que les sourds entendraient et que les boiteux marcheraient. Voilà pourquoi, selon la tradition rabbinique, l’Oint de Dieu devait guérir la lèpre (une maladie affectant les nerfs et causant la boiterie).
L’un des lépreux a fait une expérience particulière. Il a parlé de sa douleur, de son désespoir, de son soulagement, de sa joie et de sa gratitude au Seigneur (il lui a exprimé ses émotions), et Jésus y a répondu. C’est ainsi que les relations sont nourries. Que vous révèle cet échange sur la simplicité avec laquelle on peut entretenir sa vie de prière?
RÉFLÉCHIR
Un cœur reconnaissant n’est pas seulement heureux. Il s’est réorienté pleinement vers le Dieu qui donne.
Dans le Proche-Orient ancien, on tombait sur sa face devant un roi ou un dieu afin de le louer, de le remercier ou de lui présenter des requêtes. Ce geste était vu comme l’expression de certaines émotions impossibles à transmettre par la parole.
Que nous traversions l’adversité ou vivions le quotidien, le sens incroyable de sozo ne change pas. En allant de l’avant, rien ne peut nous empêcher de nous prosterner dans nos cœurs devant Dieu, frappés de joie et de reconnaissance.