Illustration de Jeff Gregory
La pensée de ce que vous risquez de perdre — santé florissante, relation saine, sentiment de sécurité — vous a-t-elle gardé réveillé? La peur peut être aussi troublante que la perte elle-même. Habakuk le savait bien, mais après s’être débattu honnêtement avec Dieu au sujet de ses doutes et de ses craintes, il en est arrivé au point où il a pu anticiper le pire et adorer Dieu, malgré tout, par la foi.
CONTEXTE
Le prophète Habakuk a vécu en Judée à une époque où il y avait beaucoup de violence et d’injustice. Son livre bref s’ouvre sur une plainte : « Jusqu’à quand, Éternel, vais-je crier à toi? Tu n’écoutes pas » (1.2). Après avoir discuté longuement avec Dieu, Habakuk en arrive à l’attendre et à veiller (2.1). À la fin du chapitre 3, ses combats se transforment en adoration.
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Habakuk 3.16-19
RÉFLÉCHIR
La foi du prophète ne résultait pas de circonstances favorables, mais de moments difficiles pendant lesquels il s’était débattu avec Dieu.
Habakuk 3.1 nous apprend qu’il s’agit d’une prière du prophète, à chanter sur « le mode des complaintes ». Cette expression est un terme musical qui suggère un style passionné. Le fait que cette prière soit chantée correspond à une adoration sincère.
« J’ai entendu et je suis tout bouleversé » (v. 16). La crainte de Habakuk n’était pas abstraite : « […] mes lèvres tremblent, la pourriture vient dans mes os et mes jambes tremblent ». Mais il s’est présenté ainsi devant Dieu pour l’attendre. Si la foi et la peur peuvent cohabiter, qu’est-ce que cela nous enseigne sur la prière et sur Dieu?
« Le juste vivra par sa foi » (Habakuk 2.4) est l’un des versets de l’Ancien Testament les plus cités dans le Nouveau (voir Romains 1.17; Galates 3.11; Hébreux 10.38). Chaque fois, cette vérité est présentée comme le fondement de l’Évangile de la grâce.
Au verset 17, Habakuk nomme tout ce qui pourrait disparaître : figuier, vigne, fruit de l’olivier, champs, brebis et bœufs. Dans une société agraire, cela équivalait à tout; autrement dit, leur nourriture, leur gagne-pain et leur survie. Le prophète prédit ce qui va arriver, il ne décrit pas la perte. Il se prépare au pire. Que craignez-vous de perdre? Comment cultiver votre foi en Dieu avant que la catastrophe se produise?
SUITE DE L’HISTOIRE
Après avoir délibéré de ce sujet avec Dieu et avoir considéré tout ce qu’il pouvait perdre, Habakuk clôt le sujet.
Les premiers mots du verset 18 sont : « Mais moi ». Les versets précédents parlent d’une dévastation, mais tout ce qui suit se résume à de l’adoration. Habakuk n’a pas attendu que la situation change pour se réjouir. Comment expliquer que la joie soit un témoignage de foi au lieu d’être une réaction à des circonstances favorables? Si vous avez déjà choisi de faire confiance à Dieu avant que votre peur se calme, décrivez votre expérience.
La biche était reconnue pour son agilité en terrain escarpé et rocheux. Cette pensée est reprise dans le Psaume 18.34.
Le verset 19 commence par : « L’Éternel, le Seigneur, est ma force » avant de mentionner ce que cette force produit : « … il rend mes pieds semblables à ceux des biches et il me fait marcher sur mes hauteurs ». Habakuk ne prévoyait pas de marcher sur un terrain plat; il comptait sur Dieu afin qu’il lui donne les forces nécessaires pour avancer malgré les obstacles. Comment pourriez-vous faire confiance à Dieu, non pour qu’il vous sauve des hauteurs, mais qu’il vous rende stable sur celles-ci?
Quand Paul a prié trois fois pour que Dieu le délivre de son « écharde dans le corps » (2 Corinthiens 12.7), Dieu lui a répondu : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (v. 9). C’est la position qu’a choisie Habakuk, malgré les difficultés.
RÉFLÉCHIR
Aucun croyant n’a besoin d’attendre que la situation change pour louer Dieu; il peut le faire dans la situation même.
Habakuk a mené un combat honnête, et ses craintes étaient réelles. Surtout, il a choisi d’adorer Dieu. La même option s’offre à vous. Quoi que vous envisagiez — ou craigniez — vous pouvez venir à Dieu, lui parler de vos pertes et malgré tout déclarer : « Mais moi, je veux me réjouir en l’Éternel, je veux être dans l’allégresse à cause du Dieu de mon salut » (v. 18).